05/09/2010
 

Alain par Alain

Le 29 août 1972, j’atterris à Seraing chez Guislaine et Guy Mathot. Papa est député socialiste, maman est enseignante et socialiste. Mes grands-parents ? Simone est bourgmestre socialiste de Saint-Séverin, Jules est syndicaliste à Cockerill. Mon slogan « Fils de gauche« , en 2004, tombait sous le sens… Pour moi, être élevé dans les valeurs qu’on défend, c’est une fierté !

De biberons en dents de lait et de couches-culottes en rougeole, je grandis et me voici déjà –clin d’œil du Destin ?- « à la barre ». Mes premières années, je les passe à grandir et écouter. Dans une famille pareille, entre les amis de Jules le syndicaliste et de Simone la bourgmestre, au milieu des débats tenus entre mon père et ses proches, ca discute ferme ! Revendications sociales, égalité, grèves. Gauche, droite…une, deux ! Ils s’engueulent. Ils sortent en claquant la porte. Ils reviennent, et ça repart…

L’enseignement primaire me met en contact avec le monde – un monde passionnant – et avec une brochette de copains. Ils sont toujours là ! Il y a les grands faux-culs et les petits faucons. A 12 ans, je m’inscris dans l’escadrille rouge. Bec, plumes, ailes : l’oiseau s’envole. Comme le monde est beau ! Découvertes. Emerveillements… Mes passions : la BD, la musique, le cinéma. Un bonheur : en 1986, la Belgique est 4ème à la Coupe du Monde de foot à Mexico. Je ne rate aucun match…

Petit, j’étais baigné dans les débats socialistes… Ado, me voilà à la plonge, dans les cuisines d’un resto ! Apprentissage de la valeur de l’argent : j’épluche les oignons, je découpe les carottes, je prépare la ratatouille. L’été, je rêve à la Grande Prairie et aux Indiens en tondant les pelouses de Neupré… à 2 cents le m2 !

Grâce à l’herbe et à la ratatouille, me voilà grand et fort. Je suis dans le secondaire, je deviens membre du PS et, à 18 ans, me présente à l’Exécutif de Seraing. Premier frisson électoral : je fais le 2ème score !

C’est très bien de jouer de la batterie à s’en déformer les pouces, d’être moniteur de ski à Risoul, de nager comme Flipper en arpentant inlassablement les couloirs de la piscine olympique, mais le temps passe : « Mon fils, choisis ton métier ! ».

Passionné par les maths et la logique, me voilà parti pour les Sciences économiques. Après la troisième année, je me lance dans un projet avec un ami. Nous achetons une maison en ruines, la retapons, la revendons. Révélation : mon université à moi, c’est l’immobilier ! Rénovons. Revendons. Reconstruisons. Ça devient sérieux. Sur mon bureau, mes syllabus de l’ULg sont remplacés par le CWATUP (le Code Wallon d’Aménagement du Territoire et du Patrimoine). Fort de cette connaissance, je réalise des dossiers de demandes présentées aux Administrations pour des sociétés privées. Que ce soit pour la réaffectation de zonings à vocation industrielle ou pour la jonction de sociétés au rail…

Une relation d’affaires qui vendait des maisons à petit prix me propose d’ouvrir une antenne à Liège. Quand il renonce à son projet, je décide de lancer l’activité seul et développe la notion d’accessibilité. Je ne savais pas alors où me mènerait mon destin. Mais ce bagage professionnel, laissé de côté une fois devenu député, m’est plus qu’utile en tant que bourgmestre d’une ville en pleine mutation urbanistique…

Mais nous n’en sommes pas encore là. En 1994, je rencontre Patricia. Jolie ? Non, belle ! Gaie, courageuse, déterminée : un sacré caractère ! Mariage le 19 décembre 1998, installation sur ses terres flémalloises. Je l’aime, elle m’aime : on sème. Elle a deux filles, Wendy et Caroline, nous aurons trois enfants ! Alexandre naît le 12 juillet 1999. Patricia, pour toujours, c’est la maman de mon fils.

CONCOURS : Il s’agit de deux photos du même. Quel même ? Dans l’autre cas, où est Alexandre, où est Alain ?

C’est donc à Flémalle que je lance ma première campagne électorale. Jusqu’ici, j’étais militant. Le 13 juin 1999, je monte en première ligne. J’occupe la place de troisième suppléant aux élections régionales. Plus de 5000 électeurs m’accordent leur confiance.

En 2000, sur l’insistance de camarades bien intentionnés, je me présente aux élections communales. Me voilà conseiller, chaque jour politiquement plus impliqué… 

En 2003, premières élections fédérales. Je me bats pour défendre mes convictions, pour prôner les valeurs socialistes qui me guident. Près de 15.000 électeurs me mènent aux portes du Parlement fédéral, je laisse ma profession pour m’y consacrer entièrement.

La suite, vous la connaissez sans doute ou la découvrirez sur ce site. C’est le retour à Seraing, où m’attendait le deuil puis l’immense défi de poursuivre un chantier plus qu’ambitieux pour ma cité. C’est l’échéance électorale suivante, en 2007, où 25.000 électeurs m’ont une nouvelle fois amené ce sentiment indescriptible, ce plaisir d’être reconnu pour nos actes et notre programme, mêlé à cette responsabilité face à la confiance qui nous a été accordée.

La politique, on ne l’apprend pas sur les bancs de l’université, dans des formations accélérées ou, simplement, en le décidant. C’est à force d’être sur le terrain, à force de parler avec la population, à force de partager les expériences de ceux qui ont défendu les mêmes valeurs qu’on peut avancer dans cette passion, mot que je préfère à « métier ».

On hésite, puis on apprend à trancher. On bafouille, puis on apprend à parler clair. Il n’y a pas de diplôme de politique. Ce sont les années d’expérience et de terrain qui font votre CV ! Avec, toujours, la même ligne de conduite : celle de défendre nos convictions et de nos jamais oublier la population, qui a fait de nous ce que nous sommes !

 C’est vrai que l’on peut reprocher le manque d’honnêteté ou de compétence à certains politiques. Mais on ne doit pas pour autant démissionner de ses devoirs de citoyens, car la démocratie n’est jamais acquise : c’est un combat de tous les jours !

« Rien n’est gagné, rien n’est perdu, tout est jouable » comme dirait Papa…

Et ma petite sœur Julie, qui est née le 18 septembre 1996 fait, elle aussi le pari de la vie ! La vie…

Je serais orphelin, s’il n’était plus là. Mais il est vivant dans mon cœur et il ne passe pas un jour sans que j’aie une pensée pour lui.

Salut, Papa !

 
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